Sommet france-afrique : gré à gré pour un marché de deux (2) milliards
vendredi 25 novembre 2005 par sory ibrahim maiga

L’organisation du sommet France-Afrique au Mali suscite un engouement tel que les compatriotes s’impatientent de voir l’événement naître et mourir sans entacher notre image de pays digne d’accueillir les rencontres d’envergure.

Mais après la pluie et le beau temps, les Maliens vont sans doute s’interroger et peut-être demander des comptes sur certaines pratiques aujourd’hui occultées par l’orage des préparatifs de la fête. Il s’agit des conditions parfois nébuleuses et irrégulières dans lesquelles plusieurs marchés d’envergure ont été passés entre la partie malienne et certains partenaires.

Les agitations et questionnements commencent déjà dans certains milieux du contrôle de la destination des fonds. En effet, au cours d’une mission de contrôle préventif, les agents du Contrôle Général des Services Publics étaient sans doute tombés des nues, en se rendant compte de graves irrégularités ayant émaillé le processus de rénovation du Palais des Congrès de Bamako, dans le cadre de l’organisation du 23ème Sommet AfriqueFrance.

Les travaux, selon des sources administratives, auront nécessité la bagatelle d’environ trois (3) milliards-FCFA pour lesquels le Mali a longtemps attendu l’apport des richissimes partenaires français. Ces derniers ayant tardé à se manifester, le Mali qui se trouvait devant les contraintes du délai butoir de déroulement de l’événement, a été obligé de prendre ses responsabilités.

Et contrairement à ce que beaucoup d’observateurs pourraient croire, les travaux de rénovation du Palais des Congrès n’ont guère été financés par la France. L’ancienne métropole n’y a contribué que pour moins du milliard, dit-on, tandis que le pays d’accueil de l’événement a déboursé plus de deux milliards au total.

Ce qui doit normalement raviver l’orgueil et la fierté d’un pays au bas du tableau des nations les plus pauvres du monde. Seulement voilà : la procédure d’attribution du marché à COVEC ne saurait prétendre à la même fierté tant les règles de l’orthodoxie ont été foulées aux pieds.

En effet, selon des sources proches du dossier, l’entreprise chinoise a pu décrocher la manne de plus de deux (2) milliards F CFA par attribution de gré à gré contre règlement du montant par le Mali deux années après le sommet Afrique France. L’option, selon toute évidence, est contraire aux textes en vigueur car le gré à gré n’est admissible, en vertu de la procédure, qu’en cas d’indisponibilité totale d’entreprises concurrentes ou d’exclusivité sur la détention d’un brevet quelconque.

Mais les autorités maliennes expliquent pareille violation des règles de passation en vigueur par les urgences et les lenteurs relatives à une procédure normale d’appel d’offres. Mais cette explication ne convainc point les contrôleurs chargés de la transparence dans l’utilisation des fonds publics. Aussi ont-ils tenu à prendre à témoin le Chef du Gouvernement par rapport aux bévues de la commission d’organisation.




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