Depuis un certain temps, la Banque de l’Habitat du Mali (BHM) est sous la menace d’un dépôt de bilan. Au nombre des raisons pour expliquer cette faillite possible, on évoque l’affaire des 298.211.000FCFA qui ont été prélevés en décembre 2002 sur le compte de la SICG en guise de commissions versées aux agents de la BHM. Et on se demande si les efforts du chef de l’Etat ne seront pas vains, lui qui veut sauver cette banque de sa belle mort. L’affaire remonte à 2002 et concerne la commercialisation des Halles de Bamako dont la BHM a la charge exclusive depuis 2000. C’est-à-dire la collecte des recettes, des encaissements ici et à travers le monde dans le cadre du projet. Le montant de la commercialisation s’élève à 14. 910.550.000FCFA avec un taux de commission de 2% ; ce qui donne un montant total de commission de 298.211.000FCFA.
C’est du moins ce qui explique la lettre datée du 24 décembre 2002 signée de l’ex-PDG Mamadou Baba Diawara adressée au président Directeur Général de SICG Mali( cf fac-simulé). “Suite à notre accord, nous vous faisons parvenir l’état des commissions à verser aux agents de la Banque de l’Hatitat du Mali dans le cadre de la commercialisation des Halles de Bamako”, avait écrit le PDG Diawara dans sa lettre qui avait pour objet “ commissions BHM” et N/Réf : 270/02/PDG/DO/SO.
L’implication de la SICG se comprend si l’on sait que c’est elle qui a réalisé les Halles de Bamako. Et selon nos sources les 298.211.000FCFA auraient été prélevés sur le compte de cette société ivoirienne. Mais certains pensent que ce prélevement aurait eu lieu sans l’accord de la SICG nonobstant la lettre du 24 décembre . Les bénéficiaires des sous seront-ils interpellés ?
Dores et déjà, dans un rapport des commissaires aux comptes à la BCEAO, il aurait été rappelé le caractère délictueux de l’opération, car ayant l’odeur d’un détournement de fait. Et la question qui se pose est la suivante : comment les commissaires aux comptes ont-ils donné leur accord pour que les recettes dues à la SICG ne soient pas mentionnées au titre des engagements ?
Selon certaines indiscrétions proches des milieux gouvernementaux, il aurait été demandé aux responsables de la BHM de régler ce contentieux le plus rapidement possible. Ce qui sera à l’avantage des différents acquéreurs qui n’ont toujours pas leur espace mais aussi permettrait de redorer l’image du Mali. C’est d’ailleurs par une convention signée le 6 novembre 2000 que le District de Bamako a exigé que la BHM collecte la totalité de la commercialisation.
QUESTION : Comment comprendre qu’un agent immobilier ne rende pas compte des loyers perçus et refuse d’informer le propriétaire de l’immeuble en lui donnant les noms des occupants ?
Cette question brûle certaines lèvres, car dans les coulisses de la SICG on affirme, à tort ou à raison, n’avoir pas perçu la totalité des recettes de la commercialisation, d’où la saisine des tribunaux depuis plus d’un an. D’autres sources indiquent que les saisies entreprises sur des biens commercialisés seraient la preuve d’une fraude afin de tromper la vigilance des autorités bancaires. Et c’est ce que la lettre du 24 décembre 2002 voudrait signifier. Cela confirmerait -il l’absence d’accord de la SICG pour les commissions ?
Nous ne saurions le dire. Dans tous les cas, le président ATT, depuis son arrivée à la tête du Mali, a inscrit parmi ses priorités le renforcement du secteur privé afin qu’il constitue le moteur du développement du pays. Pour ce faire, il a estimé que les Halles, qui font la fierté de Bamako dont exemple qui mérite d’être suivi. Car ce joyau est le fruit de la coopération entre le Mali et la Côte d’Ivoire. ATT a décidé de doter de chambres froides les Halles pour la commercialisation du poisson des pêcheurs de Sélingué. Des magasins au nombre de 426 ont été réquisitionnés et octroyés aux jeunes de L’APEJ. Comme si tous ces efforts ne suffisaient pas, le chef de l’Etat, lors de sa visite en Iran, a obtenu des autorités de ce pays deux lignes de crédit au nom des opérateurs économiques maliens. ATT a demandé que lesdites lignes de crédit soient logées à la BHM, question de renflouer ses caisses.
Malheureusement, il semble que la banque devrait toujours attendre pour respirer,car elle mettrait du temps à se relever des actes posés par certains de ses dirigeants faisant de la BHM une vache laitière. Comme c’est le cas de cette histoire de commissions à verser aux agents. Les contrôleurs ont-ils été au courant de l’existence d’un tel montant ? Le Vérificateur Général aurait-il de bonnes raisons de s’intéresser à cet aspect du dossier de la BHM ?