3 mai journée internationale de la presse : Journalisme ou opportunisme ?
mardi 28 avril 2009 par sory ibrahim maiga

Indéniablement, la presse privée malienne aura contribué, et de manière décisive au triomphe de la révolution démocratique dans notre pays. Elle inspirait alors, respect et admiration. Hélas, de nos jours, le noble métier de journaliste est devenu le refuge de toutes sortes d’individus, des médiocres criards aux délinquants de la pire espèce.

L’histoire médiatique de notre pays se présente sous deux périodes.

La période du parti unique et celle de l’après 26 Mars où le Mali a connu pour la première fois une presse démocratique.

Sous le parti unique, le Mali avait une presse privée engagée et pour laquelle aucune dérive n’était tolérée.

Malgré la persécution et la répression, les rares journalistes (presse privée) de l’époque ont pu forcer le respect par la rigueur et la clairvoyance de leurs plumes, le traitement méticuleux de l’information diffusée.

Engagée, cette presse privée aura sans conteste joué son rôle moteur dans l’acquisition de la liberté d’expression et aura été le chantre d’une nouvelle conscience nationale.

De, cette période à nos jours, le Mali a connu une explosion médiatique certaine qui sera favorisée par l’avènement des « journalistes de fortune ».

Ainsi, de nombreux jeunes diplômés et très souvent pas du tout (en quête d’emploi) se sont glissés dans la profession sans aucune formation en la matière et sans autre conviction que celle d’en faire un minable commerce.

Conséquence logique, la détérioration de la qualité des articles et surtout la désinformation.

Pis, nombre de ces nouveaux journalistes, entrés par effraction dans le métier, sont plutôt poussés vers le gain pécuniaire que l’acquisition d’un quelconque professionnalisme.

Dans leurs organes respectifs, ces journalistes de la 25ème heure prêtent volontiers leurs plumes.

Comment peut-on objectivement exercer ce noble métier, lorsque l’on n’y rentre que pour les besoins du ventre ou d’illusions perdues ?

Comment peut-on dans ce cas, respecter l’éthique et la déontologie qui confèrent à ce métier toute sa noblesse ?

Et que dire de ces nombreux énergumènes dits directeurs de publication ou de radio dont la dignité, éclatée en morceaux se vend à coup de billets de banques.

Face à cette situation, ce sont les pauvres citoyens (toutes catégories sociales confondues) qui payent le prix fort, parce que devenus les victimes d’une presse en dérive qui sombre sans vergogne dans le chantage, la calomnie et l’amalgame.

Et pour autant, il y a des instances de régulation de la presse que sont le Conseil Supérieur de la Communication et l’ODEP.

Inutiles ornements créés avec tambours et trompettes mais dont l’efficacité et la crédibilité sont mortes le jour même qui les a vu naître.

Excellente occasion pour les nombreux opportunistes de prospérer dans leur basse besogne.

Incolores, inodores et sans saveur, ils boivent avec n’importe quelle louche, et mangent dans toutes les marmites. Pourvu qu’au rendez-vous, il y ait de l’argent.

Pour l’argent et seulement l’argent, ils font la navette entre adversaires politiques citoyens de tous bords.

Ils sont capables d’humilier d’honnêtes pères de famille, d’injurier publiquement l’épouse innocente, de saper les fondements d’une famille, d’un quartier, de distiller la haine et le mensonge et même de compromettre la paix et la sécurité nationales.

Il y a certes et de nos jours, encore une poignée d’hommes de presse dignes de la profession, mais ceux-ci demeurent complément effacés, à cause de l’invasion massive du métier par l’ivraie.

Certes, les difficultés que les journalistes éprouvent dans leur travail quotidien, (entre autres l’accès à l’information, les moyens rudimentaires d’investigation et le déficit de formation) sont bien des réalités. Mais, elles ne sauraient justifier l’impunité.

En effet, pour certains, la répression des délits de presse est un moyen pour les régimes de museler la liberté d’expression.

Cependant, en dépénalisant les délits de presse, on tomberait dans l’impunité et dans une sorte de crime sociétal.

Les délits de presse doivent être pénalisés, mais à travers un régime pénal particulier.

Boubacar Sankaré

Le 26 Mars, est seul responsable du contenu de cet article




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